Jusqu'au dernier moment

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Allemagne - Schwarzwald
de Yopla !, le 08-09-2007

Jusqu'au dernier moment

 

… Et puis une fois la date de retour fixée, nous n'étions plus tout à fait ailleurs. Dans un mois, jour pour jour nous serions à Dijon à faire la java avec les parents et les potes. Nous avions la tête à l'hexagonale (pour reprendre l'expression)  et l'on se disait que l'aventure touchait à sa fin. Nous sommes repartis de Prague heureux et un peu troublés à l'approche de cette nouvelle perspective. Nous avons rejoint la frontière en quatre jours en traversant la Berounka et la forêt de Bohême.

 

Avant de rentrer à l’ouest, nous nous attendions à retrouver plus d’individualisme et une vie plus douloureuse pour nos porte-monnaie.

Surprise pour nous, car les gens que nous avons croisés se sont révélés très avenants et attentionnés. Dans la journée, il n'était pas rare que quelqu'un papote avec nous pendant quelques minutes. Et nos soirées furent riches en rencontres et endroits insolites pour étendre nos duvets (une chaufferie dans une ferme, une cabane d'ado sur pilotis, une grange remplie de pomme de terre, une école Steiner…). Nous avions rarement pris autant de vraies douches chaudes en un temps si court.  Un dimanche nous avons goûté au plaisir de parcourir quelques kilomètres accompagnés par nos hôtes de la veille. Finalement le Voyage n'était pas terminé et nous allions de surprises en surprises.

Pourquoi un tel sentiment dénotant des pays précédemment traversés ? Tentatives d'explications. La barrière de la langue était bien moins grande car nos restes d'allemand n'étaient pas si mal (même si l'on a souffert, il faut croire que cela a été bénéfique). Avec nos drôles de vélos, je crois aussi que les gens nous abordaient en pensant que nous étions allemands. Nous étions souvent dans des zones rurales et il faut dire qu'il pleuvait presque tous les soirs et que ça caillait. Les gens se sont peut-être mis à notre place et certains ont l'habitude de voyager ou de camper. Nous étions aussi peut-être dans un état d'esprit favorable aux rencontres. Et pourquoi pas se dire que nous avons eu de la chance et que, culturellement, nous sommes proches de ce peuple. Ceci pour expliquer cela.

Nous avons traversé la Bavière et le Baden Wurtemberg et pas mal de bleds paumés. Chouette campagne. Les Radweg (pistes cyclables) omniprésentes nous évitaient parfois de planifier un itinéraire précis et nous permettaient de rouler peinards sans voitures ou bolides infernaux. Les LIDL, Aldi et autres discounts nous enchantaient et notre dépense quotidienne n'a pas grimpé en flèche. Le seul inconvénient était la rareté des points internet desquels nous dépendions pas mal pour projeter la suite. En effet, notre dernier mois d'escapade fut conditionné par deux ou trois questions prenantes à propos de l'éventualité de faire les vendanges ou non  (en Alsace ou en Allemagne),   l'organisation de notre retour pour le jour j mais aussi l'avélissage en France.

Nous avons rejoint ma maman dans la Schwarzwald (forêt noire) juste avant de passer notre dernière frontière. Deux jours à se faire chouchouter et déguster en avant première gâteaux, tartes, Comté, framboises et autres réjouissances…

 

Puis nous avons passé le pont de l'Europe entre Kehl et Strasbourg le samedi 8 septembre. Premier jour en France et passage incognito dans la capitale de l'Alsace. Le week-end s'annonçait un peu spécial puisque nous avons fait la connaissance de Merlin, notre neveu, et découvert ses parents enchantés. Patates au munster pour régaler les papilles. Puis, nous avons longé le canal du Rhône au Rhin et sommes partis du côté de Colmar pour faire les vendanges. En route nous avons pu percevoir l'Alsace rurale et il faut dire que nous nous sentions encore un peu à l'étranger. Un soir, quelqu'un a même dû transcrire quelques paroles de français de l'intérieur à un ou deux anciens qui ne saisissaient peut-être pas tout. Puis, une toute petite semaine de vendanges à Kathzenthal. Exploitation familiale, vignes hautes, équipe hétéroclite et patron généreux en eau de vie à la pause de midi. Premières discussions en français et retour petit à petit aux réalités. Nous avions posé notre tente dans le jardinet d'un couple de jeunes récemment parents. Ils nous ont accueilli comme des rois et nous ont offert  douches, apéros, internet, accès à l'eau… tout ça avec le sourire en sachant nous mettre à l'aise. Et puis hop là, soirée vin bourru pour clore notre passage en Alsace, dernier pays étranger de notre voyage, yô.

 

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