Le lendemain de noel nous partons pour Sitia, 300 kms a l'extremite Est de l'ile, et chargeons nos velos dans la soute vide d'un bus sous le regard moqueur et l'attitude meprisante du controleur. Scenario identique pour le deuxieme bus dans lequel cette fois-ci, la taxe pour les velos n'est plus de 3 euros/velo mais se transforme en 5 euros/velo (je negocie en essayant de garder mon sang froid pour 4 euros). Nous arrivons un peu crevés a destination ou nous attend Vassilis notre futur patron. Trente ans, l'allure decontractee et hyper souriant. Il nous embarque dans son Van bleu et nous conduit a Lithines petit village de 300 ames perché dans la montagne. Ici, la largeur de l'ile se retrecie et lorsque on se ballade sur les hauteurs, on se rend compte que nous sommes a egale distance de la mer de Crete et celle de Lybie. A travers les vitres du Van, nous decouvrons le veritable petit bijou aux couleurs orangees du soleil couchant : hautes montagnes au loin, rochers, gorges profondes et.... oliviers a perte de vue. Au fur a mesure du trajet, nous realisons que nous allons passer quinze jours ou plus dans ce petit paradis de randos, grimpe et autres. Nous decouvrons egalement notre logement rudimentaire et sans chichi, impression toute particuliere de retrouver un lit, un evier, une cheminee, des placards... Les WC et la douche (chaude) se situent dans un unique petit reduit a l'exterieur et cela nous permet de ne pas oublier nos salles de bain vue sur champs. Apres un café de bienvenue/detente avec Vassilis, nous nous couchons impatients de commencer et de savoir a quoi correspond la cueillette des olives. Nous n'avons pas l'occasion d'assouvir notre curiosite le lendemain car il y a un vent terrible et nous ne travaillons pas. Petit repis qui nous permet de visiter Lithines, village qui repond tout a fait aux images que l'on peut se faire des petits villages des iles grecques : du blanc, du bleu et des ruelles entrelacees ou nous arrivons encore a nous egarer apres 15 jours. Nous sommes enchantés et partons a la decouverte du milieu (en expression CEMEAtique). Ensuite trois jours de boulot ou nous decouvrons Vassilis assez stressé et exigeant. Mon boulot consiste a etaler de grands filets sous les oliviers de facon a ce que les deux mecs fassent tomber les olives dessus a l'aide d'une machine (la verga). Pendant qu'ils avancent je vide petit a petit les filets dans un sceau, qualibre les olives, enleve les feuilles, conditionne les olives dans de grands sacs en toile de jute et réinstalle les filets desormais vides. Nous bossons seulement les trois (le boss, Flo et moi) et ce n'est pas du tout l'ambiance des travaux des champs ou des vendanges. Heureusement, nous rentrons chez les parents de Vassilis pour une petite pause le midi et la mere cuisine comme une reine. Le dernier jour de l'annee, nous faisons une ballade tres sympa et passons notre premier reveillon en duo a lire au coin du feu. Un coup de fil aux copains nous redonne tout de meme la peche et nous donne l'impression d'y etre un peu.
Et depuis le trois janvier, nous pouvons parler d'un quotidien un peu routinier, avouons-le, mais non moins déplaisant car temporaire. Lever 7h, petit cafe/gateau chez les parents, boulot boulot, repas a la maison ou dans les champs, boulot boulot, retour a la maison, douche avant la nuit, allumage du feu, gouter chocolat chaud (d'ailleurs, je commence serieusement a mesurer l'effet de la sédentarité), lecture, harmonica/flute pour Flo a qui l'accordeon fait grand defaut, ecriture, soupe musicale pseudo traditionnelle (tjs la meme sur l'unique station de radio que l'on capte), et dodo. Et quand on entend le reveil sonner, ca nous fait pas du tout le meme effet que depuis notre depart. Depuis quelques jours, Vassilis s'est detendu et a accepte notre revendication syndicale d'une pause l'apres-midi. Quelquefois, les parents ages d'une cinquantaine d'annees, viennent travailler avec nous et ca fait bizarre de les voir s'ereinter pour ramasser encore et encore des olives, chose qu'ils font de generation en generation chez les Papavasiliou. Nous avons egalement du renfort avec Jimmy, lui ne vient pas payer la fin de son tour d'Europe en velo mais tente de collecter quelques euros a envoyer a sa famille en Albanie. Lui ne peut pas claquer la porte du jour au lendemain et est pret a bosser le dimanche. Nous nous sommes encore libres de tout ca et passons un mois tout au plus a ramasser des olives dans un endroit plutot chouette en attendant que l'hiver passe avant de retrouver deux amis de Lyon et leur petite fille pour jouer et boire des chocolats chauds puis, tracer la route. Claire En attendant de vous serrer tres tres fort, nous pensons a vous tres tres fort et nous vous souhaitons tout de bon pour cette nouvelle annee. Kali Chronia ! |