Voici un paquet de temps que tu n as pas eu de nouvelles de nous, public. En effet, dernierement, les cafes internet ou nous avons coutume de repandre notre prose n'etaient recemment nullement propices a ce genre d exercice ( enfummes et bruyants ).Qu as tu donc fait pendant tous ce temps sans nous, public, nous sommes navres.
Entre temps, nous avons randonne au milieu des couleurs d automne au dessus du lac d Ohrid qui fait frontiere entre l Albanie et la Macedoine. C etait une nouvelle fois splendide, et nous ne savions pas alors que nous profitions des derniers rayons ardents de notre gros copain, qui se couche, soit dit en passant, de plus en plus tot.
Quelques jours plus tard, nous sortons de la tente apres une nuit fort pluvieuse, et apercevons de jolis petits flocons annonciateurs, pour les deux velocipedes que nous sommes, d une superbe journee. Nous prenons le cafe avec le monsieur qui nous avait offert son pre pour la nuit (en realite, il nous avait propose sa maison, mais apres l Albanie, nous voulions faire une pause avec les soirees chez les gens). Nous nous equipons pour effectuer sous la neige fondue, les 5 km nous separe de la gare, car craignant le mauvais temps installe pour plusieurs jours, nous souhaitons avancer quand meme. Il est 9H, je maudis l inventeur du velo.
Nous arrivons glaces et trempes a la gare et evidemment, en toute discretion, allonges sur deux roues en combinaison de ski et tractant 40 kg en ce debut Novembre.
Dans cette gare ou la temperature devait etre de 2 degres superieur a l exterieur, nous nous changeons, et realisons que nous sommes bien plus couverts que la plupart des gens allentour.
Nous chargeons les velos et le chargement dans le train, qui, oh miracle possede un wagon-velo, mais oh deception, ne possede pas de chauffage. Nous proposons une tournee de raki ( gnaule Yougoslave, pour ceux qui ne suivent pas attentivement nos recits ), mais tout le monde refuse, nous comprenons plus tard en discutant avec deux jeunes qu'ils sont musulmans. Bien joue.
Ces deux derniers se demandent ce que l on est venus faire ici, et ce que l on pense du pays, puis une discussion s engage sur la place des Albanais en Macedoine et sur la religion musulmane. Nous leur disons qu une bonne partie des francais associent cette derniere avec l image d'un barbu habille en noir, fusil au poing, ou barde de dynamite dans un autobus. Du coup, ils s'ennervent, sortent un couteau en criant le nom d Hallah et .... je plaisante public, calme toi. Du coup ils nous font part de leur desaroi, et de leur envie de voir changer cette representation.
C est a ce moment que le train s immobilise pour une bonne demi heure, avant de faire machine arriere jusqu'a notre gare de depart. Les deux jeunes nous regardent en nous disant " c est ca les trains en Macedoine !".
Nous dechargeons velos et chargement, essayons de prendre un bus sans succes a cause d un manque de place dans les soutes, puis nous refugions dans le seul cafe ou nous apercevons de la fumee en sortir. Autant dire que la chaleur ne nous enveloppe pas dans cette cahute en tole, mais le patron est fort sympathique, parle italien , et son hamburger-frite nous fait du bien.
Nous retournons a la gare ou le type du guichet vient en courant a notre rencontre pour nous dire que le train va partir. Moment de panique, rechargement des velos et du chargement, puis nous voila partis a la capitale : Skopje, esperant que le lancement de la navette sera cette fois un succes.
Deux jeunes engagent a nouveau la conversation avec nous, et eux acceptent volontier notre raki, ils sont orthodoxes. Ils nous offrent leur point de vue sur la Macedoine, et notamment sur la difficulte de ce pays a etre reconnu depuis la fin de la Yougoslavie, ou le pays fut ampute de plusieurs parties revenant a la Grece, la Bulgarie et la Serbie. Ces deux jeunes, arborant fierement le drapeau de la Macedoine et rappelant qu il ne faut pas dire "Alexandre le Grand", mais "Alexandre le Macedonien" sont visiblement tres nationalistes et nous avons du mal a abonder dans leur sens, ne connaissant pas suffisamment l histoire de la region. Nous nous rendons compte que les relations entre les peuples dans les Balkans sont loin d etre simples et les problemes, loin d etre resolus.
Pour clore cette journee chargee en emotions, nous dormons a l auberge de jeunesse de Skopje ou nous tendons avec un sourire plus que crispe, nos 45 euros. Nous transformons la chambre en secherie pour tous nos habits et notre materiel de camping trempe.
Le lendemain, nous repartons sous le soleil, mais avec pour compagnon un vent froid qui, pour le moment, nous pousse, en direction de la Bulgarie.
A bientot, public. |